« Est-ce que c’est vraiment obligatoire de travailler pour avoir le droit d’être quelqu’un? » Telle est la question fondamentale posée par la série Trepalium (6X32’), créée par Sophie Hiet et Antarès Bassis et réalisée par Vincent Lannoo, que l’on pourra découvrir sur Arte les 11 et 18 février prochains.

Ce thriller d’anticipation nous plonge dans un monde futuriste où 80% de sans-emploi (les Zonards) font face à 20% d’Actifs dont ils sont séparés par un mur d’enceinte imprenable. Pour calmer les tensions sociales, dix mille “Emplois solidaires” sont créés par le gouvernement et sélectionnés dans la Zone pour travailler en Ville. Parmi eux, Izia Katell (Leonie Simaga) qui élève seule son fils Noah sera employée par la famille de Ruben Garcia (Pierre Deladonchamps), ingénieur dans la plus grande entreprise de la Ville.

Au fil du récit, Izia (Lubna Zabal), Ruben, Noah, Maël, Lisbeth, Jeff et les autres seconfrontent, s’opposent et s’unissent, expliquent les créateurs de la série. Leurs trajectoires intimes, que nous avons voulu romanesques, jouant des codes du genre, dessinent l’histoire d’une société qui tente désespérément de le rester, posant des questions de solidarité et de cohésion”.

Pousser tous les curseurs du réel

Réalisateur de cinéma, Vincent Lannoo explique quant à lui avoir été séduit par “la possibilité de raconter une histoire dans toute son ampleur et sa complexité” et de créer un monde futuriste qui était à inventer. “Trepalium est une fable dystopique, le contraire d’une utopie. Elle ne propose pas un monde idéal, mais un monde qui serait allé vers ses pires défauts: l’ultra-libéralisme poussé à l’extrême, dans un univers cloisonné”.

Comme dans son long métrage Au nom du fils, il part d’un sujet de société pour basculer dans le film de genre. “Trepalium est avant tout une fresque qui utilise le genre, explique-t-il, pour pousser tous les curseurs du réel et qui par là cherche à libérer notre imaginaire”.

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La série sera disponible en DVD et blu-ray dès le 3 février mais fait d’ores et déjà l’objet d’un “prequel” sonore, graphique et interactif, intitulé A l’ombre du mur (journal d’un inutile); images, textes, sons et interaction composent cet objet web inédit qui, à travers 30 ans de la vie d’Hector, dévoile les oppositions croissantes entre actifs et non-actifs, la désintégration de la société et la construction du mur.

Le site de la série

A l’ombre du mur (journal d’un inutile)