Le(s) cinéma(s) suisse(s) en quête de public

Le cinéma national a représenté 5,6% du marché cinématographique suisse en 2015 sur un total de 14,77 millions d’entrées représentant pour les salles un chiffre d’affaires de CHF 229.292.191 (210 millions €), en progression de 11.6%.

ProCinema, l’association des exploitants de salles de cinéma et des distributeurs suisses de films, se réjouit de ce bon résultat par rapport à l’année dernière, surtout en Suisse alémanique et au Tessin qui affichent une forte hausse de quasiment 15% tandis qu’en Suisse romande l’augmentation est un peu plus modérée (4.25%). La Suisse alémanique compte pour 68,45% des entrées contre 29,04% pour la Suisse romande et 2,51% pour le partie italienne.

L’offre cinématographique y est croissante avec 27 nouvelles salles ouvertes dans huit complexes cinématographiques en 2015 portant à 577 le total des salles de cinéma.

Le marché cinématographique est dominé par les films américains qui totalisent 57,2% des entrées suivis par les cinémas britannique (11,08%), français (9,54%) et allemand (9,31%).

Les trois premiers films du palmarès annuel ont généré plus de 2.1 millions d’entrées, soit 14% du marché total. «Spectre – 007» arrive en tête, suivi par le film d’animation «Minions» et le film d’action «Fast & Furious 7». Le premier film francophone, “La famille Bélier”, arrive en 19ème position et totalise 141.424 entrées.

Parmi les 30 plus grands succès, note ProCinema, 20 ont été produits aux États-Unis, 9 sont d’origine européenne et 1 vient d’Australie. Une production suisse se classe huitième du palmarès annuel. Les productions européennes (UE 28) ont une nouvelle fois vu progresser leur part de marché à 32.35% (4.78 millions d’entrées) par rapport à 2014 (30.06%)”.

5,52% de part de marché pour le cinéma suisse

Les productions suisses totalisent 816.196 spectateurs, soit 5.52% des entrées totales, le film familial «Schellen-Ursli» se classant en tête avec 351.683 entrées, suivi par le drame «Usfahrt Oerlike» (81.409) et par les documentaires «Giovanni Segantini – Magie des Lichts» (57.636) et “Dürrenmatt – Eine Liebesgeschichte” (21.794). Les autres films du top 10 suisse suivent entre 10.000 et 15.000 entrées.

Dans son édito intitulé “Le cinéma suisse existe-t-il?”, le quotidien francophone de Genève Le Courrier s’interroge cependant sur la grande disparité des goûts cinématographiques sur les trois marchés linguistiques distincts de la Suisse.

Que les deux champions maison soient des heimatfilms montagnards, cultivant une image idyllique de la Suisse, dit bien le fossé culturel à combler. Si le septième art est le miroir d’un pays, alors les Welches ne s’y reconnaissent pas. Cet imaginaire rupestre demeure exotique à nos yeux. En paraphrasant le fameux mot de Ben, on serait ainsi tenté d’affirmer que le cinéma suisse n’existe pas. Ou plutôt qu’il est triple. Et chacun ne s’aventure guère hors de son marché privilégié. La plupart des fictions alémaniques semblent en effet peu «exportables», et celles qui franchissent le röstigraben éveillent un intérêt mesuré.

ProCinéma : Facts & Figures 2015

 

 

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