Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles finalise un ajustement budgétaire 2016 plombé par un déficit d’au moins 270 millions €, la nouvelle ministre de la Culture Alda Greoli a assuré hier au Parlement qu’elle défendra « bec et ongles le budget de la Culture et donc celui du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel ».

Suite à une interpellation des députés Isabelle Emmery (PS) et Véronique Salvi (CDH) à propos du bilan 2015 du cinéma belge, elle s’est réjouie que le CCA reste le premier partenaire du cinéma belge francophone, avec 27 longs métrages actuellement en cours de production.

Elle a pu détailler le contenu des réformes en cours, après réflexions et consultations au sein du Comité de concertation du secteur audiovisuel, notamment :

  • pour la commission de sélection des films : allègement de la composition de la CSF et des quorums des collèges, diminution de la durée du mandat des membres, établissement d’une procédure de vote indicatif préalablement aux réunions, établissement de grilles de lecture des dossiers à l’attention des membres, redéfinition des créneaux documentaires, prévus pour le début
  • pour les aides à la promotion, des mesures transitoires sont actuellement d’application en attendant une réforme définitive en 2017 après modification du décret cinéma. Parmi celles-ci figurent des séances avant-premières auprès des leaders d’opinion ou encore la rediffusion en salles des films primés aux Magritte, opération en cours d’évaluation.
  • les primes au réinvestissement, calculées sur la base des entrées en salle des films belges, élargiront leur assiette en valorisant les résultats des salles du secteur non marchand (centre culturels, bibliothèques). Dès 2017, les auteurs bénéficieront par ailleurs de 15 % de la prime.
  • l’agrément administratif des projets soutenus par la commission de sélection des films sera simplifié et clarifié.
  • les obligations insérées dans les conventions avec Proximus, Brutélé et Nethys ont été revues : leur contribution à la production de premiers ou deuxièmes films belges francophones majoritaires devra atteindre 10%. Par ailleurs, « les distributeurs s’engagent à consentir leurs meilleurs efforts pour atteindre un taux d’investissement idéal de 35 % de leur contribution dans d’autres films majoritaires. »
  • pour le secteur documentaire, les notions de «long métrage cinéma» et de «documentaire télévisuel» sont supprimées au bénéfice d’un seul créneau, celui du «documentaire de création». D’autre part, le montant de l’aide demandée doit correspondre aux réalités techniques et artistiques d’un projet et peut s’élever à maximum 100 000 euros.

La ministre a conclu son intervention en évoquant les travaux de la plate-forme cinéma qui regroupe tous les niveaux de pouvoir ayant une compétence liée au secteur cinématographique. Un accord de coopération est en voie de bouclage entre les communautés sur le tax shelter et les discussions à propos de la classification des films « sont en cours et évoluent positivement ».

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