Petra Kammerevert (S&D) et Sabine Verheyen (EPP), les deux eurodéputés allemandes désignées co-rapporteurs sur la proposition de révision de la directive SMA (services de médias audiovisuels) ont annoncé ce matin leur intention de travailler « de manière très approfondie, très pointue et le plus rapidement possible » selon un calendrier très ambitieux mais réalisable dans un délai d’un an.

« Depuis notre désignation la semaine dernière, nous avons reçu une foule de demandes d’entretiens », a expliqué Petra Kammerevert. Aussi, après un premier échange de vue en commission Culture du Parlement la semaine prochaine, des auditions avec les parties prenantes sont dores et déjà prévues les 23, 28 et 29 juin prochains.

Un premier projet de texte serait prêt pour le 13 juillet avec en ligne de mire un projet de rapport pour le 26 septembre. Il pourrait être adopté en commission en décembre afin de permettre le vote en plénière, puis les discussions avec la Commission et le Conseil (le « trilogue ») « au début de l’année prochaine ».

« Les besoins d’adaptation de la directive sont urgents », ont souligné les deux eurodéputés exprimant le souhait « d’avancer très vite vers des conclusions ». Petra Kammervert et Sabine Verheyen ont ainsi décidé d’associer dès le départ aux discussions les « rapporteurs fictifs », représentant les groupes politiques, dans une totale transparence.

Parmi les points jugés fondamentaux figurent notamment la protection de la jeunesse – « faut-il des normes facultatives ou une auto-régulation contrôlée ? » – la promotion de la diversité culturelle (les quotas) et la publicité. Dans ce dernier domaine, les députés se montrent favorables à « plus de flexibilité », via une répartition différente des interruptions publicitaires tout au long de la journée ; « c’est le marché qui doit réguler le rythme des interruptions publicitaires de sorte qu’elles restent supportables par les téléspectateurs ».

La presse (Politico) n’a pas manqué de soulevé la question du « conflit d’intérêt » qui pourrait se poser dans les débats, Petra Kammerevert ayant été conseillère à la direction des programmes de la chaîne publique allemande ARD de 2002 à 2009 et siégeant aujourd’hui au conseil de la chaîne WDR (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), tout comme sa collègue Sabine Verheyen (en tant que suppléante). « Il n’y a pas de conflit d’intérêt, a répliqué Mme Kammerevert assurant que son rôle au sein de WDR était simplement de « défendre les intérêts des citoyens du Land que je représente ».

 Conférence de presse (Vidéo)