1,35 milliard de perte due au piratage de contenus en France

Le piratage de contenus audiovisuels a coûté 1,35 milliard € à l’Etat français, aux ayant droits et aux industries de contenus audiovisuels en 2016, estime EY dans une étude sur le piratage en France publiée ce 23 février. Cela équivaut à l’ensemble des recettes du cinéma en salles dans l’Hexagone.

Le pays compterait quelque 13 millions de consommateurs pirates qui ont consommé illégalement 2,5 milliards de contenus, “des pratiques qui perdurent malgré l’attractivité croissante des offres légales en termes d’accès et de prix et les premiers succès dans la lutte contre l’ecosystème piratage”, constate le cabinet de consultants.

Son analyse s’appuie notamment sur les données Mediametrie / ALPA / CNC et le rapport de l’ALPA sur l’évolution des pratiques de piratage. Une enquête terrain a en outre été menée auprès de 3 000 individus ayant consommé des contenus vidéo de façon illégale sur les 12 derniers mois, afin d’évaluer le potentiel de report vers le marché légal et d’estimer le manque à gagner pour la filière audiovisuelle et cinématographique.

L’impact négatif est estimé à :

  • 430 M€ d’euros de recettes fiscales pour l’Etat
  • plus de 2 000 emplois directs (60 M€)
  • au moins 265 M€ ppour les créateurs et ayants droit
  • 330 M€ de capacité d’investissement pour les entreprises de la filière audiovisuelle
  • 265 M€ dans les autres métiers, marketing et distribution.

Les principales fenêtres de diffusion impactées sont les DVD, la VOD et la TV payante. Pour la TV gratuite, au-delà de l’impact sur l’audience et donc les revenus publicitaires, ces pratiques représentent une menace croissante sur les revenus d’avenir comme le replay, fenêtre privilégiée de consommation de séries très piratées par les publics jeunes.

L’”expérience salle” et la qualité de ses contenus préserveraient relativement les salles de cinéma comme le démontrent les records de fréquentation enregistrés l’an dernier avec 213 millions de billets vendus (une hausse de 3,6%).

EY recommande de renforcer sérieusement à tous niveaux les actions de lutte contre le piratage. “L’action publique doit jouer son rôle, de concert avec les autorités internationales, et gagner en efficacité. Il faut enfin un engagement responsable des parties prenantes, et notamment des intermédiaires du piratage pour un recul de ces pratiques aux dommages économiques, sociaux et moraux”.

Lire le rapport EY « Piratage en France » Apps-Pdf-icon-1

Compliquer la recherche

Au début de la semaine, Google et Microsoft annonçaient ainsi, à la demande du gouvernement britannique, la mise en oeuvre d’un code de conduite qui les amènera à modifier leurs algorithmes de recherche afin de rendre plus difficile le téléchargement de contenus illégaux. Les principaux sites de téléchargement illégal tels que The Pirate Bay et KickAss Torrents seraient de la sorte rejettés en dernière position dans l’affichage des résultats des requêtes des internautes. Dans son dernier rapport de transparence, Google revendique la suppression de 2,1 milliards de liens vers des contenus illégaux depuis 2011.

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