De 2012 à 2016, la RTBF a dépassé de 21,56% son obligation d’investissement dans la production indépendante pour atteindre un montant global de 35,3 M€, a expliqué le ministre Jean-Claude Marcourt, interpellé hier au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles par le député Olivier Maroy.

Ce mardi en commission des médias, ce dernier se référait à l’appréciation du CSA qui, lors de son audition il y a 15 jours, avait constaté le respect par la RTBF de son quota de dépenses minimales (7,2 M€ par an), non sans pointer un manque à gagner pour le secteur indépendant de quelque 8 M€ pour les six dernières années; depuis 2009 en effet, l’obligation d’investissement de la RTBF n’est plus proportionnelle à son chiffre d’affaires. Selon les calculs du CSA, la RTBF consacrerait ainsi 4,8% de son chiffre d’affaires à la production indépendante, soit trois fois moins que la VRT, tenue d’affecter 15 % de ses recettes télévisuelles à des productions externes.

Le ministre Marcourt a rappelé que cette obligation d’investissement dans la production indépendante proportionnel au chiffre d’affaires de la RTBF avait été supprimée suite au plan d’économies pluriannuel qui lui fut imposé lors de la crise des finances publiques. « Nous ne pouvons pas demander à la RTBF de réduire ses dépenses afin de contribuer à l’effort d’allègement de la dette publique tout en continuant à faire peser sur elle des obligations d’investissement croissantes dans le secteur de la production indépendante« , a-t-il souligné.

Et de faire remarquer qu’en à peine quatre ans, de 2012 à 2016, la RTBF avait dépassé de 21,56% l’obligation qui lui était imposée en vertu de son contrat de gestion pour atteindre 35 346 565 €, soit un surplus de 6 269 057 €.

Coentreprise

Se référant à la note d’intention du gouvernement à propos du prochain contrat de gestion, Jean-Claude Marcourt juge par ailleurs « utile de revoir ces obligations » pour les articuler au mieux avec la constitution d’une coentreprise entre la RTBF et les producteurs, « en augmentant la part des coproductions de séries belges francophones, de programmes de flux ou de contenus spécifiquement dédiés au web« .

Le député Maroy estime aussi que « la RTBF a tout à gagner d’une collaboration plus étroite avec des producteurs indépendants« , même s’il dit regretter un peu « la mollesse de son attitude. Il serait plus clair, plus dynamique de prévoir un pourcentage pour l’aide à la production audiovisuelle indépendante, comme c’est le cas pour la VRT. »

Compte-rendu des débats

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