Un choix de 50 films qui ont marqué cinquante ans d’aide publique au cinéma belge francophone fera l’objet de projections événementielles déclinées sur un an en Wallonie et à Bruxelles. L’opération a été lancée ce matin par la ministre Alda Gréoli devant un parterre de 200 cinéastes, producteurs et « professionnels de la profession ».

Dans le cadre de cette année anniversaire, l’opération « 50/50: Cinquante ans de cinéma belge, cinquante ans de découvertes » invitera le public à redécouvrir 20 longs métrages, 15 courts métrages et 15 documentaires lors de séances organisées en présence de cinéastes et de leurs équipes à Bozar, Flagey ainsi qu’à la Cinematek. C’est le film de Nabil Ben Yadir Les Barons qui ouvrira les festivités le 15 juin au Flagey.

Font notamment partie de la rétrospective : « Rendez-vous à Bray » d’André Delvaux (1971), « Le maître de musique » de Gérard Corbiau (1988), « Toto le héros » de Jaco Van Dormael (1991), « C’est arrivé près de chez vous » de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde (1992), « Rosetta » des frères Dardenne (1999), « Les convoyeurs attendent » de Benoît Mariage (1999), « Mobutu, roi du Zaïre » de Thierry Michel (1999), « La raison du plus faible » de Lucas Belvaux (2006), « Eldorado » de Bouli Lanners (2008), « Les barons » de Nabil Ben Yadir (2009), « A perdre la raison » de Joachim Lafosse (2012) ou encore « La bûche de Noël » de Vincent Patar et Stéphane Aubier (2014). (voir la liste des 50 films)

Le choix n’aura pas été facile dans une production aidée qui compte aujourd’hui pas moins de 1 638 films dont 315 longs métrages, 704 courts métrages, 563 documentaires et 56 films lab (expérimentaux). Il aura été guidé par la recherche d’un équilibre entre les films qui, sur cinq décennies, ont marqué l’histoire du cinéma belge par leur succès critique, public, en festivals, leur côté innovant ou provocateur, a expliqué Jeanne Brunfaut, directrice générale adjointe du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Outre les projections événementielles, d’autres initiatives seront également organisées dans les cinémas en provinces (Quai 10, Plaza Art, Caméo, …), dans les centres culturels, durant les festivals (FIFF, FIFA, Moustier, Anima, Ramdam, …) ainsi qu’en télévision (RTBF, TV5) et en vidéo à la demande (Be tv, Proximus, Universciné).

L’opération s’est également dotée d’outils de promotion tels qu’un clip vidéo qui sera diffusé en salles et à la télévision, un site internet spécifique www.50cinquante.be répertoriant les films, les projections et les événements, ainsi que des capsules « cadavres exquis » élaborées autour de scènes cultes du cinéma belge, destinées aux réseaux sociaux.

A l’occasion de cet anniversaire, une rencontre des anciens ou actuel/le/s Président/e/s de la Commission de Sélection des Films s’est tenue le 27 avril 2017 afin d’en retracer ensemble l’historique et les enjeux culturels, sous la modération de Frédéric Sojcher, cinéaste et professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbone.

Dates clés du soutien public au cinéma

La ministre Alda Gréoli a par ailleurs souligné ce matin que cet anniversaire était également l’occasion de se poser la question de l’avenir et notamment celle de la promotion du cinéma belge auprès de son public. « Pourquoi les Belges n’aiment-ils pas leur cinéma à la hauteur de sa créativité, de son génie et de sa qualité? Pourquoi la reconnaissance doit-elle d’abord venir de l’extérieur?« . Et de pointer la circulation trop rapide de nos films dans nos salles, sans laisser au bouche-à-oreille le temps de faire son oeuvre. De nouvelles formules d’aide à la promotion vont se mettre progressivement en place dans le cadre du nouveau décret cinéma adopté en mars dernier.

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Une beau parterre de cinéastes belges était présent pour le lancement de ce cinquantenaire