A peine 16 % des collections du patrimoine cinématographique européen sont aujourd’hui numérisées, constate l’Observatoire européen de l’audiovisuel dans une étude publiée aujourd’hui en prélude à l’ouverture du festival Cinema Ritrovato (Bologne, 24 juin – 2 juillet).

Consacrée à l’accès, à des fins d’éducation et de recherche, aux œuvres des collections des archives cinématographiques d’Europe, l’étude pointe le faible taux de numérisation des oeuvres alors qu’elle ouvre de nouvelles possibilité d’accès aux films.

L’une des causes ce retard dans la numérisation est liée à la problématique des droits et à l’insécurité juridique qui en découle. La grande majorité (76 %) des films figurant dans les collections des archives cinématographiques est protégée par droit d’auteur, mais il manque de sources d’information centralisées permettant d’identifier les ayants droit. 60 % des longs métrages protégés par droit d’auteur sont par ailleurs des œuvres orphelines ou indisponibles dans le commerce.

Sur base d’une enquête réalisée auprès des cinémathèques européennes membres de l’ACE (Association des Cinémathèques Européennes), le rapport cherche à évaluer à la fois la demande de films et la mesure dans laquelle les archives cinématographiques sont en mesure d’y répondre, tout en soulignant les pratiques et dispositions existantes en matière d’accès aux films.

Cette première étude conclut que les principaux obstacles rencontrés par le patrimoine cinématographique européen sont semblables aux défis rencontrés par les œuvres art et essai européennes :

  • Le patrimoine cinématographique se transforme en marché de niche.
  • Les films du patrimoine cinématographique européen ont tendance à circuler moins largement que les films en général et moins que les œuvres du patrimoine cinématographique des Etats-Unis, notamment en raison de la fragmentation linguistique et culturelle.
  • Le patrimoine cinématographique nécessite un solide appui promotionnel pour rivaliser avec succès avec le contenu plus récent. Les reprogrammations en salles peuvent jouer un rôle pour accroître leur visibilité.
  • La VOD n’est pas encore un canal de distribution indépendant viable ; elle doit faire partie d’une stratégie de distribution plus vaste, incluant plusieurs canaux, pour maximiser les résultats promotionnels.

Cette étude réalisée par Gilles Fontaine et Patrizia Simone est la seconde partie d’un projet de recherche plus large sur le patrimoine cinématographique, financé par la Commission européenne; la première phase du projet ( L’exploitation des œuvres du patrimoine cinématographique à l’ère numérique -EN) s’était intéressée à la valeur commerciale des œuvres du patrimoine cinématographique sur les différents canaux de distribution (cinéma, chaînes TV, DVD, VOD).

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