Originalité, talent, créativité et quelques jolis succès sont à mettre à l’actif de l’animation européenne. L’heure est venue de booster son potentiel grâce à des actions ciblées, estime la Commission européenne qui a présenté hier au Forum Cartoon à Toulouse un Plan d’action pour l’animation européenne.

Parallèlement au soutien important diligenté par le programme MEDIA/Europe Créative, voici plusieurs mois que le Commission européenne discute activement avec les représentants de l’industrie européenne de l’animation: besoins en formation, tendances globales du marché, coproductions, promotion sont autant de points qui ont été abordés, débouchant aujourd’hui sur des proposition dans trois secteurs stratégiques.

  1. Talents et compétences

Il existe de nombreuses bonnes écoles et des animateurs doués en Europe, mais la difficulté consiste à les garder dans les studios européens, constate le Plan. Certaines compétences pourraient également être renforcées, notamment dans l’écriture des scénarios. Pour rendre l’Europe plus attractive, il est dès lors proposé de renforcer le lien entre les écoles et l’industrie, tout comme entre les créateurs de contenus et les spécialistes des technologies. Une large place devrait aussi être réservée à l’expérimentation autour de formats courts, en coproduction avec les diffuseurs. Enfin, il ne faudrait pas négliger l’adaptation permanente des talents aux évolutions du secteur, via des formations à l’écriture, à la technologie, au financement.

2. Promotion et public

L’animation a démontré qu’elle voyageait mieux que la plupart des contenus audiovisuels en Europe, attirant des publics à travers différents pays et dans différents groupes d’âge. Elle gagnerait cependant à mieux coordonner les stratégies de promotion et de sorties afin d’optimiser les campagnes de marketing. Qu’il s’agisse de films de cinéma ou de séries tv, les contenus d’animation pourraient également être mieux monétisés sur les plateformes VOD.

Le Plan proposé pointe notamment la nécessité de créer une image de marque, une identité européenne dans le secteur de l’animation, par exemple en faisant circuler un ensemble de programmes d’animation labellisés « Created in Europe« . Parmi les autres pistes que le Plan entend privilégier figurent aussi l’investissement dans le doublage/sous-titrage, capital pour le succès des programmes sur les plateformes globales, une promotion active en amont de la sortie des oeuvres, l’incitation aux coproductions.

3. Financement

Le cash flow constitue un véritable problème pour les studios, bien souvent obligés de céder l’essentiel de leurs droits intellectuels pour financer les oeuvres. Une difficulté renforcée par la baisse des investissements publics et du financement par les chaînes de TV. De nouveaux instruments pourraient être développés en mutualisant fonds publics et privés pour des projets à grande échelle, préconise le Plan. En s’appuyant sur le fonds de garantie européen, les secteurs financiers et bancaires devraient ouvrir des lignes pour l’octroi de prêts et de capital à risque dans le secteur de l’animation.

Au-delà du catalogue de bonnes idées, fussent-elles prioritaires, reste à voir comment ce plan pour l’animation pourra se concrétiser dans les faits. On sait que des adaptations pourront être formulées dans la foulée de l’évaluation à mi-parcours du programme Europe Créative, attendue pour la fin de l’année. La réflexion sur la suite que l’on donnera au programme au-delà de 2020 est également en cours. Mais une grande partie des options envisagées dépendront également de l’industrie elle-même.

Welcome to the world of European Animation from CARTOON on Vimeo.

Animation Plan for Europe

Video: Animation Plan for Europe

Factsheet: EU support for animation