Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé d’instruire des plaintes reçues concernant l’émission « Mariés au premier regard » diffusée depuis le mois dernier par RTL-TVI. RTL Belgium a fait savoir qu’elle n’en tiendrait pas compte puisqu’elle dépend du régulateur luxembourgeois ALIA.

Le CSA belge fait état de quatre plaintes portant sur ce programme de divertissement qui entend créer des couples dont la compatibilité est établie sur base de tests, les partenaires ne se rencontrant que le jour de leur mariage. Elles portent pour partie sur le respect de l’éthique et des valeurs du mariage, ainsi que sur la légalité de telles noces, points sur lesquels le régulateur ne dispose pas de compétence. Par contre, il entend bien réagir à la présence de marques commerciales dans le programme, en contravention avec la législation belge francophone sur la publicité télévisée (décret SMA).

Le secrétariat d’instruction du CSA a ouvert une enquête, estimant que ce programme pourrait contenir du placement de produit non identifié comme tel. Apparaissent en effet à l’antenne des références à des produits et enseignes commerciales spécifiques tels que boutique de mariage, bijouterie, agence de voyage, etc.

Or, si la pratique du placement de produit est autorisée dans les émissions de divertissement depuis 2009, elle est cependant soumise à des obligations d’identification claire par le téléspectateur. Le CSA recommande ainsi d’apposer un pictogramme spécifique (« PP ») en début et fin de programme ainsi qu’après une coupure publicitaire.

placementproduit

Si, à l’issue de son instruction, le CSA conclut qu’une infraction est constituée, il saisira son Collège d’autorisation et de contrôle qui décidera de notifier, ou non, un grief à l’éditeur. « Dans l’affirmative, le Collège d’autorisation et de contrôle prendra une décision finale sur ce dossier, après avoir entendu les arguments de la chaîne concernée », explique le CSA.

Sauf que RTL Belgium n’a  aucune intention de réagir sur le fond : « Ce serait donner raison au CSA alors que, pour ce qui concerne la télévision, nous n’avons aucun lien avec lui« , commente Christopher Barzal, directeur des marques et de la communication de RTL Belgium. « Le CSA peut décider ce qu’il veut, il n’a aucune légitimité ».

Il s’agit ici du premier cas de plainte traité directement par le CSA concernant les chaînes belges de RTL (RTL-TVI, Club RTL, Plug RTL). On se souviendra qu’en juin dernier le CSA avait annoncé son intention de ne plus transmettre les plaintes relatives aux programmes de RTL Belgium au régulateur luxembourgeois ALIA, dont la chaîne revendique l’autorité en vertu de sa licence luxembourgeoise. L’ALIA a a fait savoir à l’agence Belga qu’elle n’avait reçu aucune plainte concernant « Mariés au premier regard » et qu’il ne lui appartient pas « de se mêler des activités d’un autre régulateur européen ».