La Commission européenne a lancé aujourd’hui une consultation publique sur les fausses nouvelles et la désinformation en ligne et va créer sur ce sujet un groupe d’experts de haut niveau regroupant des universitaires, des plateformes en ligne, des médias d’information et des organisations de la société civile. L’objectif est de contribuer à l’élaboration d’une stratégie européenne de lutte contre la diffusion de fausses nouvelles, attendue au printemps prochain.

Citoyens, plateformes de médias sociaux, organes de presse (radiodiffuseurs, presse écrite, agences de presse, médias en ligne et vérificateurs de faits), chercheurs et autorités publiques sont invités à partager leurs points de vue dans le cadre d’une consultation publique ouverte jusqu’au 23 février. La Commission recueillera ainsi les avis sur les actions qui pourraient être prises au niveau de l’UE pour donner aux citoyens des outils efficaces pour identifier des informations fiables et vérifiées et s’adapter aux défis de l’ère numérique.

Les contributions attendues convrent trois grands domaines:

  1. l’ampleur du problème, c’est-à-dire la manière dont les citoyens et les parties prenantes perçoivent les fausses nouvelles et à quel point ils sont conscients de la désinformation en ligne ou font confiance à différents médias;
  2. une appréciation des mesures déjà prises par les plateformes, les entreprises de médias d’information et les organisations de la société civile pour contrer la diffusion de fausses nouvelles en ligne, ainsi que des positions sur les rôles et responsabilités des acteurs concernés;
  3. les futures actions possibles pour que les citoyens aient plus facilement accès à des informations fiables et vérifiées et pour empêcher la propagation de la désinformation en ligne.

Constitution d’un groupe d’experts de haut niveau

La Commission invite par ailleurs les experts à postuler pour rejoindre le groupe de haut niveau qui la conseillera sur la définition et la dimension internationale du phénomène, les rôles et responsabilités des parties prenantes concernées, dressera le bilan des positions en jeu et formulera des recommandations. Dans la mesure du possible, le groupe devrait inclure plusieurs représentants de chaque domaine d’expertise, qu’il s’agisse d’universitaires ou de délégués de la société civile, avec un souci d’équilibre dans la sélection. L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 11 décembre. Le groupe d’experts de haut niveau devrait commencer en janvier 2018 et travailler pendant plusieurs mois.

Cette annonce intervient alors que la commissaire Gabriel prononçait ce midi le discours de bienvenue à la conférence multipartite sur les « Fake news » qui se tient aujourd’hui et demain à Bruxelles.

La diffusion des « fake news » à des fins de manipulation est le symptôme d’une maladie de l’information qui nous affecte en tirant parti de vulnérabilités de nos sociétés, a-telle expliqué. Il est vital que nous soignions, voire même vaccinions nos sociétés contre cette maladie, afin de garder nos repères démocratiques et protéger nos valeurs.(…)

Je crois fermement que ce sont les efforts communs et le partage d’expériences des plateformes, des médias, de la société civile, du monde académique qui nous permettront d’identifier des actions efficaces et concrètes pour lutter contre l’épidémie de fausses informations et de la désinformation en ligne.

Consultation publique

Appel à candidatures: groupe d’experts de haut niveau

Web-streaming de la conférence multipartite: 13 novembre et 14 novembre

Principales initiatives et manifestations de la Commission

  • mars 2015: sur mandat confié par le Conseil européen, l’East Strategic Communication Task Force a été instituée au sein du SEAE pour recenser et analyser de manière quotidienne les campagnes de désinformation en cours orchestrées par la Russie et pour sensibiliser le public à leur sujet;
  • mai 2016: présentation de la communication relative aux plateformes en ligne, qui encourageait les entreprises à fournir davantage d’efforts volontaires pour remédier aux évaluations en ligne fausses ou trompeuses;
  • 13 novembre 2017: lancement de la consultation publique et du groupe de haut niveau sur les fausses nouvelles, évènement réunissant de multiples parties prenantes à Bruxelles, combiné à un dialogue en cours avec les États membres;
  • janvier 2018: première réunion du groupe de haut niveau sur les fausses nouvelles;
  • mars 2018: résultats de la consultation publique et de l’enquête Eurobaromètre;
  • avril 2018: rapport du groupe de haut niveau;
  • printemps 2018: communication relative aux fausses nouvelles et à la désinformation en ligne.