A l’issue du contrôle annuel des 12 télévisions locales de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le CSA dresse un bilan positif du respect de leurs obligations légales. Au cours de l’année 2016, qui était pour elles une année de transition, elles ont déployé des actions constructives en termes de programmation de service public, de rajeunissement de leur public et de proximité, notamment sur les réseaux sociaux.

Les télévisions locales sont des acteurs importants du pluralisme et de la diversité du paysage audiovisuel en Belgique francophone, pointe le CSA. En 2016, elles ont ainsi diffusé vers leurs publics un nombre conséquent de journaux télévisés (3115), de programmes d’information (800 heures), mais aussi de programme culturels (450 h), participatifs (150 h) et d’éducation permanente (120h). Sans compter les partenariats qu’elles entretiennent avec les principaux événements culturels, sportifs ou académiques de leur zone de couverture.

Comme la plupart des radiodiffuseurs, elles tentent de rajeunir leur audience en développant des formats susceptibles de cibler directement les 15-34 ans. Pour cela, elles tablent de plus en plus sur des modes de diffusion qui parlent à la génération Y : portails non linéaires, contenus 360°, social TV. 2016 a vu naître de nouveaux programmes jeunesse tels que Les Testeurs (RTC), Coal Kids (Télésambre) ou 1,2,3 Piano (Canal Zoom). Le CSA souhaiterait cependant voir certains programmes d’éducation permanente (plus précisément d’éducation aux médias) et de participation-animation mieux valorisées dans la programmation de certaines télévisions locales.

L’énergie déployée dans la « télévision sociale » continue par ailleurs de porter ses fruits, note le régulateur, constant que « l’adhésion en ligne des télévisions locales poursuit sa courbe ascendante entre octobre 2016 et octobre 2017 : +46% sur Facebook (235.000 « likes » cumulés) et +16% sur Twitter (33.000 « followers » cumulés). » En prévision des élections communales de 2018, elles viennent de créer un site web commun qui donnera accès de manière centralisée à tous les programmes et reportages réalisés dans le cadre du scrutin, www.communales2018.be

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Le paysage des télévisions locales est donc en transition, plusieurs objectifs communs ayant été formalisés dans un « livre blanc » adopté à la mi-2016. Des synergies se mettent en place en termes de programmation commune, de valorisation des expertises, d’achat groupé de matériel, ou de formation.

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« Vivre Ici », JT du réseau des Télés locales lié à la plateforme internet consacrée à l’info de proximité créée en collaboration avec la RTBF

Leur mode de subventionnement a été revu par le ministre Marcourt, diminuant l’impact du critère de la production propre pour le calcul du montant perçu par chaque éditeur. Le CSA perçoit trois avantages à cette réforme : « la fin de la concurrence contre nature que se livraient sur ce point les télévisions locales, les possibilités d’étoffer la programmation avec des collaborations extérieures, un déploiement plus spontané de la production sur Internet.« . Il faudra vérifier cependant si cette modification n’est pas à l’origine du recul de la durée de la production propre totale du secteur constaté en 2016.

Last but not least, le secteur des TV locales n’échappe pas aux nouvelles exigences liées à la gouvernance; leurs conseils d’administration devant être renouvelés après le scrutin communal, il faudra clarifier leur composition et saisir l’opportunité d’une meilleur représentation des secteurs associatifs et culturels.

Consulter le bilan des TV locales

Site de la Fédération des télés locales

Nouveau Bureau du CSA

Le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a par ailleurs arrêté ce 15 novembre la composition du nouveau Bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Il sera présidé par Karim Ibourki, ancien porte-parole du Ministre-Président de la Fédération, Rudy Demotte, puis directeur de la communication du PS, qui remplacera Dominique Vosters dont le mandat est arrivé à échéance.

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Entrant en fonction avec effet immédiat, il sera assisté de trois vice-présidents, Isabelle Kempeneers (MR), François-Xavier Blanpain (CdH) et Alexis De Boe (Ecolo).

« Ces membres ont été choisis parmi des personnes reconnues pour leurs compétences dans les domaines du droit, de l’audiovisuel ou de la communication, mais qui ne peuvent y exercer une fonction de nature à créer un conflit d’intérêt personnel ou fonctionnel », souligne le gouvernement dans un communiqué. Mais aussi, manifestement, dans un souci des équilibres politiques : M. Ibourki devra très vite démontrer qu’il n’est pas (plus) le porte-voix du Ministre-Président ou de son parti.

« Quand on entre au CSA, il faut entrer dans les clous de l’indépendance », a fort judicieusement rappelé le Président sortant Dominique Vosters (ancien chef de cabinet de Fadila Laanan, alors ministre de l’Audiovisuel) lors de son verre de départ en présence des équipes du CSA.  Une précision importante en regard des nouvelles règles européennes (directive SMA), en voie de finalisation, qui insistent sur l’indépendance, l’impartialité et la transparence des régulateurs européens (article 30).

Le bureau coordonne et organise les travaux du CSA, il veille également à la conformité des avis des collèges du CSA au droit interne et européen ou international et résout les conflits de toute nature qui apparaissent entre le collège d’avis et le collège d’autorisation et de contrôle (CAC). En sus, le bureau prend tous les contacts avec les autorités internationales, fédérales ou fédérées nécessaires à l’accomplissement de ses missions de régulation.