Le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) a annoncé ce 5 décembre une réforme de l’agrément des films qui permet aux producteurs d’accéder au soutien automatique et à plusieurs de ses aides pour un montant annuel de 160 millions €. Objectif : la relocalisation en France des dépenses et des tournages.

Présentée par sa présidente Fédérique Bredin comme « une réforme majeure pour le cinéma français », celle-ci modifie le système de points en prenant en compte, « de manière très significative », la localisation du tournage des films. « Cette réforme, ajoute Frédérique Bredin, va permettre de renforcer encore le mouvement de relocalisation des productions, déjà très engagé, grâce aux nouvelles mesures du crédit d’impôt ». Dans son calcul de l’aide automatique (60 M€ en 2016), le CNC ne se contentera plus de s’assurer que quelques postes clefs de la fabrication du film sont occupés par des Français ; il la déterminera en fonction des dépenses réalisées en France pour toutes les équipes (que les salariés soient français ou ressortissants de l’Union).

Le nouveau barème fait ainsi entrer de manière importante les effets visuels dans le calcul du soutien financier, « ainsi que l’ensemble des nouveaux métiers afférents à la révolution numérique » (coordinateur de post-production, superviseur d’effets spéciaux…). Le renforcement des critères de localisation est ainsi particulièrement sensible dans le secteur de l’animation.

« Cette réforme va permettre aussi de mieux valoriser l’écriture et la dimension artistique des œuvres », précise Frédérique Bredin, en renforçant la place de plusieurs métiers artistiques : auteurs, scénaristes, créateurs graphiques pour l’animation… Elle incite par ailleurs à renforcer la place de la langue française et, plus largement, la francophonie.

Un coup bas aux coproductions franco-belges ?

La réforme de l’agrément viendra ainsi compléter le mouvement de relocalisation des productions entamé par le crédit d’impôt qui, d’ici fin 2017, devrait avoir permis de rapatrier en France pour 541 millions € de dépenses. Une nouvelle pierre est ainsi jetée dans le jardin des coproductions franco-belges, déjà rendues beaucoup plus compliquées par le crédit d’impôt français, difficilement compatible avec le tax shelter et les aides régionales en Belgique.

Validée il y a quinze jours par la Commission européenne, la réforme entrera en vigueur le 1er janvier prochain.

Les nouveaux barèmes

> fiction
> animation
> documentaire