Au terme d’un long processus de rénovation, le Cinéma Palace situé au coeur de Bruxelles, à deux pas de la Bourse, accueillera à nouveau le public dès le 28 février. Pour lui (re)donner le goût du cinéma d’auteur, mais pas uniquement.

Le réalisateur Luc Dardenne, qui préside l’asbl « Le Palace », ne cachait pas sa satisfaction en présentant ce qui sera l’aboutissement d’une longue saga faite de retards et de rebondissements depuis l’acquisition il y a plus de 15 ans par la Fédération Wallonie-Bruxelles de ce monument du paysage cinématographique bruxellois. En 1913, ce bâtiment commandé par Charles Pathé fut conçu dans un style art nouveau par l’architecte Hamesse et pouvait accueillir plus de 2 500 spectateurs.

L’époque et les habitudes ont évidemment changé et c’est dans un nouveau complexe de 4 salles (60, 84, 139 et 373 places) que sera accueilli le public qui se laissera également tenté par son espace bar-restaurant , sa boutique cinéma et ses larges espaces de réception. Il déploiera ses activités selon trois grands axes : la programmation des films du marché proposés par les distributeurs, la mise en place d’un lieu d’éducation avec un pôle scolaire et éducatif, et l’organisation d’événements culturels et d’échange autour du cinéma.

Cinéma d’auteur « au sens large » !

Côté programmation, elle se focalisera à 70% sur le cinéma d’auteur (ou art & essai), un mélange de films pointus ou exigeants et d’oeuvres plus grand public, sans pour autant négliger les « blockbusters » qui s’appuient sur un véritable contenu. « Spielberg est un auteur, explique Luc Dardenne. Il ne faut pas être trop restreint et trop pointu en ne prenant que les films difficiles qui ne marchent nulle part et en se disant qu’on va les faire marcher ici. Ça, c’est une illusion, mais je pense qu’il faut montrer un cinéma qu’on ne voit plus ici en Belgique. On ne voit plus le cinéma asiatique par exemple« . Le programmateur Nicolas Gilson portera également une attention particulière au cinéma belge, flamand et francophone en VO sous-titrée, mais aussi au documentaire et au court métrage.

Objectif : 125 000 spectateurs

Subsidié à hauteur de 20%, le cinéma devra tirer 80% de ses recettes des entrées et de l’horeca, l’équilibre se situant à hauteur de 100.000 entrées par an, 125.000 entrées annuelles d’ici 3 ans. Les tarifs resteront cependant démocratiques (8,75 € à plein tarif). L’espoir des promoteurs du projet, au nombre desquels on trouve également la réalisatrice Fien Troch, les producteurs Patrick Quinet et Bart Van Langendonck ou encore le distributeur Stephan De Potter, espèrent que ce complexe attirera un nouveau public dans les salles, sans créer de problèmes de concurrence avec les salles bruxelloises du même type. Des collaborations sont d’ores et déjà prévues avec le Vendôme et la Cinematek, et pourraient se développer à l’avenir.

C’est un lieu de distraction et d’intelligence pensé autour du cinéma. Un lieu pour apprendre, découvrir et se distraire. – Luc Dardenne