Alors que le nouveau contrat de gestion de la RTBF devrait être finalisé dans les prochaines semaines, le ministre en charge des médias Jean-Claude Marcourt se dit ouvert à une réduction de la publicité sur les chaînes de service public.

« Je ne suis pas totalement opposé à une éventuelle diminution progressive du volume publicitaire de la RTBF, pour autant que cette possibilité soit envisageable sur le plan économique et financier« , a-t-il répondu mardi en commission du Parlement suite à une interpellation des députés Michel Colson (DéFI) et Olivier Maroy (MR). Il a toutefois pointé que « la RTBF a besoin de ces recettes, puisque sa dotation ne représente que 70 % de son budget global« .

Concernant les pratiques commerciales de la RMB, la régie publicitaire de la RTBF accusée par certains (RTL, mais aussi la presse et les télévisions locales) de brader les espaces publicitaires, le ministre pourrait envisager la réalisation d’une étude qui analyse le marché publicitaire belge ; « mais cela nécessiterait évidemment que RTL accepte d’ouvrir ses comptes pour que l’on puisse vérifier le rôle de chacun dans un environnement de plus en plus concurrentiel. »

Jean-Claude Marcourt n’a cependant voulu ni infirmer ni confirmer la mise en place d’une dotation spécifique susceptible de compenser des pertes de recettes publicitaires liées à l’arrivée de TF1. Cette subvention complémentaire, souhaitée par l’administrateur général Jean-Paul Philippot, serait calculée en comparant les recettes publicitaires télévisuelles de la RTBF et celles de la période allant de 2015 à 2017 (41,3 millions € en moyenne). « Je ne me prononce pas sur le contenu des dispositions d’un texte qui n’existe aujourd’hui qu’à l’état de projet en évolution« , a commenté le ministre.

Gesticulation d’un opérateur… luxembourgeois

Se référant aux vives réactions dans la presse du patron de RTL Belgium, Philippe Delusinne, Jean-Claude Marcourt n’a pas manqué de relever comme surprenant « qu’un opérateur qui, je le rappelle, échappe au contrôle du régulateur belge dénonce une multiplication d’aides publiques et une nouvelle aide d’État spécifique pour compenser l’arrivée de TF1. Peut-on parler d’équilibre ou d’équité, alors que les acteurs concernés ne jouent pas sur le même terrain de jeu?

Convoqué aujourd’hui au CSA dans le cadre de deux plaintes à l’instruction, RTL Belgium a fait savoir qu’il ne comptait pas s’y rendre, contestant l’autorité du régulateur à son égard. Pour l’opérateur commercial, les activités de RTL sont gouvernées par une licence luxembourgeoise, ses décisions éditoriales étant prises au Grand Duché. En vertu de la directive européenne SMA, elle relève du régulateur luxembourgeois, l’Alia, estime RTL.