Très exactement 20 ans après la présentation de Rosetta qui leur a valu leur première Palme d’Or à Cannes, Jean-Pierre et Luc Dardenne étaient de retour pour la huitième fois sur le tapis rouge ce lundi 20 mai avec Le Jeune Ahmed. Revue de presse…

Avec Le Jeune Ahmed, les frères reviennent à leurs fondamentaux qu’ils avaient radicalement imposés avec Rosetta. Dès le premier plan, ils nous plongent dans le vif du sujet et assument leur style sec, cherchant à construire le personnage à travers une gestuelle précise, la caméra mobile tentant de saisir le personnage.

Fabienne Bradfer – Le Soir

Les Dardenne empoignent le thème du radicalisme à leur manière, très physique, documentaire, avec cette séche­resse dans le récit, cet hyperréalisme dans la direction d’ac­teurs et une interrogation comme moteur. Et cela donne un film très dérangeant, car il refuse la bien ­pensance. Du pur Dardenne, comme on dit du pur Ken Loach. 

Fernand Denis – La Libre Belgique

Présenté mardi à Cannes et en salle ce mercredi, le nouveau Dardenne nous propose une fable réaliste, sur fond de radicalisation des jeunes… Mais surtout un nouveau questionnement métaphysique sur l’humanité. (…) Question à laquelle le film va apporter des éléments de réponse. Mais des éléments seulement. La vraie réponse, c’est le spectateur qui devra se la forger, dans l’intimité de son expérience et de sa sensibilité, et en interrogeant sa propre vision du monde.

Sylvestre Sbille – L’Echo

Jihad précoce. Dans «le Jeune Ahmed», histoire d’un ado radicalisé rétif à la réinsertion, les frères belges touchent aux limites de leur méthode. (….) A un moment, le film est comme bloqué entre la résistance d’Ahmed aux solutions que la société lui offre et l’impuissance des cinéastes à surmonter leur propre incompréhension face à un phénomène qui, d’évidence, secoue violemment un système dialectique patiemment élaboré.

Didier Péron – Libération

Le nouveau long-métrage de Jean-Pierre et Luc Dardenne, déjà lauréats de deux Palmes d’or, est sans doute le plus pessimiste de leur filmographie. (…) La force de résistance dont les frères Dardenne ont toujours gratifié leurs personnages, et par laquelle ces derniers parvenaient à s’élever contre la désagrégation, la déshumanisation et la perversion de nos sociétés, agit en effet, cette fois, en peine perdue.

Véronique Cauhapé – Le Monde

S’attaquant de front à un sujet follement complexe voire périlleux, la radicalisation islamiste, dans Le Jeune Ahmed, présenté en compétition au 72e Festival de Cannes, Jean-Pierre et Luc Dardenne le passent au filtre de leur cinéma, un cinéma direct empli d’humanisme.

Aurore Engelen – Cineuropa

Rosetta s’appelle Ahmed (…) C’est un itinéraire moral, comme toujours, que filment les frères Dardenne, sans apporter de réponses toutes faites, mais en suivant à la trace, à juste distance, ce qui reste la figure la plus démonisée de notre temps. Leur cinéma n’est pas là pour justifier, ni condamner. Le jeune Ahmed nous interroge, et on en a bien besoin…

Antoine Guillot – France Culture

La force du film tient dans cette irréductibilité habituellement mise à mal, chez les Dardenne, par des circonstances qui éveillent progressivement la conscience de leurs personnages. Les sentiments naissants – un brin prévisibles – d’Ahmed envers une jeune fille (avec qui il est en binôme dans une ferme reliée au centre fermé où il est détenu) sont par exemple avant tout travaillés par la question de la place de la femme telle qu’elle lui a été édictée par son imam. En ne cherchant pas à psychologiser les radicalisés, les Dardenne réussissent en définitive là où Téchiné a échoué avec L’Adieu à la nuit.

Christophe Narbonne – Première

Les Dardenne scrutent le parcours d’un ado musulman qui tombe dans le fanatisme. Un film magnifique où l’ampleur du propos s’appuie sur une observation aiguë des micro-événements, des gestes.

Les Inrocks

Une tension terrible traverse ce film impressionnant, qui affronte la folie de l’intolérance en pointant les responsabilités, mais sans renoncer à la générosité, à la tendresse même. Un tour de force qui réaffirme l’importance des Dardenne, cinéastes talentueux et, plus que jamais, utiles.

Frédéric Strauss – Télérama

The sentimentality that has stolen into the Dardenne brothers’ recent films is swept aside in Young Ahmed (Le Jeune Ahmed). Here, they have created a compelling social-realist drama about a teenage boy who is unyield- ing in his embrace of religious fanaticism.

Allan Hunter – Screen Daily 

In the end, Young Ahmed feels like little more than a pained shrug, elegantly made, yes, but vaporous and virtue-signaling an empathy that’s more gestural than heartfelt.

Leslie Felperin – The Hollywood Reporter